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Moêtchi M'PÂMBU MBUMBE

Moêtchi M'PÂMBU MBUMBE

Hervé PAMBO MBOUMBA


Mayes-sur-mer (ôw bwale)

Publié par Muêtchi 'PAMBU MBUMBE sur 26 Novembre 2013, 13:37pm

Extrait du livre : les Loango

Enfin le lendemain, j’allais à la traversée du bac pour le continent. Car la ville, concentrée à l’extrémité réduite, de la bande de terre, dénommée Bana pointe (n’bane), donne l’impression d’un îlot qui le sépare du continent seulement, par la lagune Banio, sur quatre vingt kilomètres, à la limite de la frontière avec le Congo. Je pris le bac, rustique et qui me sembla banal dans sa conception technique. C’est du continent que venaient toutes les denrées alimentaires, excepté le poisson et les huitres tant réputées de la lagune. Je fis le chemin pour le site de la mission que j’abordais par l’arrière et parvins au premier bâtiment baptisé Mont Fleuri. Je visitais ensuite toute la mission qui semblait inhabitée, en prenant des photos de tout. Je vis un atelier en ruine ainsi qu’au milieu de la cour, un petit singe mandrill, en captivité, retenu autour d’un manguier géant, par une chaine. En approchant l’église, je m’arrêtais devant la statue de la Vierge Marie, réellement pleine, en même temps de grâce … plastique, au milieu de fleurs. M’avançant un peu encore, j’arrivais à un point, où la vue était imprenable du promontoire de ces lieux, qui réunissaient dans un cliché unique : le plan plat et calme de la lagune - sur lequel semblait glisser le bac - la Pointe-Bana et l’Océan. Oui ! Les prêtres spiritains, avaient de l’inspiration divine ! Puis je fus à l’intérieur de l’église où trônaient également, la statue de Jésus crucifié, la statue de Joseph. De part et d’autre, les représentations du chemin de croix. C’est à la fin de la visite en haut, que je remarquais, au balcon du bâtiment désaffecté de la Congrégation des Sœurs du Rosaire, la présence du prêtre blanc qui avait dit la messe la veille. Je le saluais. C’était probablement un Autrichien.

Je pris le chemin de la sortie, à l’opposé de celui par derrière par lequel, j’étais entré. J’arrivais à l’Ecole Sainte Odile dans laquelle, je fis irruption dans la classe en plein cours. Peu d’élèves là, dans une classe jumelant les cours élémentaires et les cours moyens. Je reconnu le maitre et les élèves qui avaient fait la traversée avec moi le matin.

J’amorçai la descente vers la sortie du site. Le sentier parallèle, était jalonné à ma droite, d’une allée de manguiers centenaires, dont l’ombre apportait, calme et fraicheur. On voyait également dans l’allée, des sépultures d’un cimetière de la mission. Le terme « reposer en paix » justifiait là tout son sens. Au bas de l'allée, il y avait quelques cases encore débout, d’une ancienne léproserie. J’avais donc terminé là, la visite de la mission Saint Esprit de Mayumba. Je ne puis accéder du même coté, à l'HOTEL SAFARI CLUB, fermé. Je repris le bac pour l’ile.

A l’Office, un vieux forestier, Monsieur SEGUIN, m’entretint sur l’histoire de la contrée et sur l’exploitation du bois qu’il fit dans la région pendant plus de cinquante ans, de Mabanda, au bord de l’Océan. Ayant construit tout près de la plage, sa maison fut lentement gagnée par l’avancée de la mer, qui l’engloutie.

J’allais à l’Office les matins, à la rencontre des pêcheurs béninois, accostant leurs grandes pirogues sur la plage, en jonglant avec les grosse vagues comme des surfeurs. Sitôt sur le sable, les tireurs, les aidaient à mettre leurs embarcations complètement hors de l’eau. On pouvait enfin admirer et acheter les prises constituées de : makuala (grosses sardines), thons, capitaines, etc et des spécialités du terroir telles que : requin, raie, calmar, langoustes.

Je me rappelais qu’une spécialité culinaire dont raffolait ma grand’mère était : « luvesse ayi mbabitonge mu mwambe ». Le calmar fumé, avec des épinards de bord de mer, dans le gnembwé (sauce graines), accompagné de liyake (buvard de manioc).

Par un autre contournement je venais au débarcadère de la lagune, écoulant lui : les ngodu, les mulets etc. C’était là aussi le grand marché municipal et le point des virées au vin de palme (mbule) fraichement arrivé du continent.

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