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Moêtchi M'PÂMBU MBUMBE

Moêtchi M'PÂMBU MBUMBE

Hervé PAMBO MBOUMBA


Entre deux eaux.

Publié par Moêtchi M'PÂMBU MBUMBE sur 19 Août 2015, 13:50pm

(extrait du livre : les Loango)

Entre Libreville et Port-Gentil, je vivais dans un monde qui ne me reconnaissait pas, et dans lequel je ne me reconnaissais pas moi-même.

J’étais miénè ? Je ne n’en avais pas la moindre trace génétique, au contraire de mes frères et mes cousins, qui pouvaient s’en prévaloir, par leurs liens parentaux - soit de la mère ou du père - et de mes mamans, par leurs statuts matrimoniaux.

J’étais Vili ? Je n’en avais pas la maitrise de la langue, de la relation généalogique, du clan et de la connaissance de l’historique.

Nous avions une différence de couleur entre mon jumeau (fille métissée) et moi (garçon très foncé), très surprenante à cette époque, qu’aucune reconnaisse paternelle ne se manifesta à notre naissance, évitant peut être le ridicule…  

Malgré la générosité de personnes qui nous avaient servies, à un moment ou  à un autre, de tuteur, de père adoptif ou de maman de cœur, cela ne pouvait faire de nous des assimilés de leurs ethnies. Ma mère était d’abord Loango de père et de mère avant de se porter en mariage…

Mes grands parents maternels et ma mère, ont joué un rôle très important et présent dans mon éducation, tantôt par défaut, tantôt par la logique matrilinéaire qui caractérise la société bantou et plus spécifiquement, des lois qui régissent le droit du lien de sang (muili nguli) légitimant, le droit successoral chez les Loango. Par ce principe, j’étais Loango, petit-fils (n’têkulu) de Kâk Kambissi Sale et, du clan des Bayendji et de la tribu des  M’Pili Tchivêtchi…

Dans un couple mixte : nos mamans adoptaient assez vite la langue de leurs conjoints, plus facilement et plus logiquement, dans la situation pratique d’une immersion totale en milieu conjugal.

Dans un couple par bonheur, homogène il n’était pas rare que des immixtions culturelles de toutes sortes (exode, voisinage, école, religion chrétienne et locale), aient mis en minorité la langue des parents naturels.

Nos grands pères, nos oncles et nos pères, brillaient eux, par leur passivité et furent grisés par l’euphorie de leurs succès sur la côte.

Combien sommes-nous  dans ce tableau ?

A Libreville, de : Montagne-Sainte, Avenue-de-Cointet, Mont-Bouet, Petit-Paris, Nombakélé, Toulon, plain-Niger, Glass, Louis, Plaine-Oreity, Pk8 (chez moi), etc ?

A  Port- Gentil, de : Matanda, Mosquée, Grand-Village, Quartier Chiques, Château, Sindara etc ?

A  Lambaréné, de : Grand village, Atongowanga, Isaac, etc

A  Owendo, de : Cité SNI,  Cité Octra (chez moi), Akournam2 (où le premier Maire de cette Commune fut un montagnard, cousin de ma mère), etc ?

Dans les diasporas d’Afrique, d’Europe, des Caraïbes, des Amériques ?

Qui sommes-nous, pour avoir géré les problèmes de l’administration coutumière des chefferies, dans les quartiers les plus mythiques de Libreville, à l’image de : Nombakélé, Glass, Petit-Paris, Louis, Montagne-Sainte - entre les années 10 et 60 ?

Combien sommes-nous à porter des noms Loango, sans en mesurer réellement le poids de la noble histoire à travers laquelle ils sont liés, au point de leur donner ailleurs, un non sens et une connotation péjorative ?

 

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