L’Union du 3 avril 2009
article signé RN
Chronique littéraire
Parti " prix "
Commentaire
Voyez vous ; le Grand Prix littéraire du PDG, presque entaché de suspicion ! L’oeuvre prolifique de Okoumba Nkoghé n’avait pas besoin de cela.
Qu’elle considération apporte t-il (le prix) à l’intéressé ne serait ce qu’au niveau national ? Il faut laisser les arts accomplis, comme les lettres, se développer dans un contexte de compétitivité universelle !
Pratiquement, dans les mêmes temps, on a vu Tierno Monénembo (prix Renaudot 2008) caracoler, crâner dans tous les milieux de culture au Gabon, aux cotés de l’Ambassadeur de France (SVP) et d’éminents intellectuels et hommes de culture gabonais.
Comme une leçon de pragmatisme !
Pour ma part j’avais proposé aux organisateurs de ce concours ma contribution, dans la perspective d’ouvrir à la création littéraire, d’autres horizons avec l’avènement des NTIC. (Voir ma lettre au Camarade Eric Dodo BOUGUENDZA – voir également "Mon petit site blanc").
On aurait pu ouvrir le concours à des œuvres littéraires bien définies mais expédiées compensatoirement par mail ! Elles seraient venues dans ce cas de tous les coins du Gabon et auraient contribué à la promotion des NTIC.
A l’heure même, l’UDEG ne disposait même pas d’une adresse par mail ! Et combien de fois de "nègres littéraires" ???
Mes félicitations à NR de l’Union pour son article.
Hervé Pambo Mboumba
Membre du Comité Central
PDG Owendo
(mon blog) : http://hpambo.over-blog.org
.../…Okoumba Nkoghé mérite donc d’être reconnu pour sa production et encouragé. Un prix littéraire, nous voulons bien. Mais quand il s’agit d’un prix conçu et délivré par un parti politique, PDG ou autre, l’inquiétude nous gagne. Nous craignons la confusion des genres, et la suspicion à tout va.
En effet, vu de loin, on pourrait penser que ce prix, littéraire PDG, n’est qu’un arrangement entre amis, le fruit de petits services qu’on sait se rendre quand besoin est.
Voyez vous-même ce que cela donne : l’auteur primé fait partie du cabinet ministériel d’un hiérarque du PDG (logiquement, il est du PDG), le concours est organisé par le PDG ; nombre des membres du jury de ce prix, quoique non officiellement en possession de la carte du PDG de membre, ont des accointances solides et leurs entrées dans les coulisses dudit parti… tout cela tend à faire naître le soupçon. D’autant que nous ne savons nullement ce qui a été primé. Un ensemble d’œuvres ? Une esthétique ? Une thématique ? La dernière publication ?...
Certes, un prix littéraire à cet avantage qu’il contribue à faire connaître l’auteur primé et la littérature à laquelle il appartient (effet que jusqu’alors nous n’observons pas, absence de médiatisation conséquente oblige). Le prix pousse aussi à la création artistique, notamment littéraire : les écrivains promus se sentent motivés, et il font des émules, la reconnaissance du grand public aidant. Mais le problème est là : Grand prix littéraire du PDG. "Grand prix littéraire" simplement et le pari serait gagné.
Mieux, il ne serait pas absurde d’institutionnaliser ce programme et d’en confier la responsabilité au ministère de l’ Education nationale ou de la culture, quitte à ce dernier à composer, annuellement par exemple, un jury auquel serait soumis une série d’œuvre qu’il devra apprécier sur la base des critères clairement énoncés.
Notre soucis est qu’on n’en arrive pas à une esthétique de parti politique comme ce fut le cas en URSS, où était rejetée et condamnée toute production s’éloignant de l’esthétique du parti communiste (le fameux réalisme-socialiste) et sur laquelle veillait cet autre faiseur-décideur de bons et mauvais écrivains, André A. Jdanov.
article signé RN